Élodie Rivet Nicolas, directrice opérationnelle du campus Ceine (Campus d’excellence international normand des énergies), qui pilote le projet « H2 Neutralité carbone », nous parle des projets de développement et de formations professionnelles dédiés à l’hydrogène décarboné.
Entretien avec Elodie Rivet-Nicolas, Directrice opérationnelle du Campus d’Excellence International Normand des Énergies (Ceine).
Qu’est-ce que le campus Ceine ?
Le Ceine est un Campus des métiers et des qualifications. Ce label permet d’identifier, sur un territoire donné, un réseau d’acteurs qui interviennent en partenariat pour développer une large gamme de formations professionnelles, technologiques et générales relevant de l’enseignement secondaire et supérieur, ainsi que de la formation initiale ou continue. Ces dernières sont centrées sur des filières spécifiques et sur un secteur d’activité correspondant à un enjeu économique national ou régional.
La région académique de Normandie et la Région Normandie ont décidé de créer le Ceine en 2020 pour répondre aux besoins en qualifications sur le territoire normand. Il se positionne sur les différentes filières de productions d’énergies présentes en Normandie : le nucléaire, l’éolien, le photovoltaïque, l’éclairage performant et l’hydrogène.
Quelle est son ambition ?
L’ambition du Ceine est de proposer des évolutions dans l’offre de formation en lien avec les besoins du territoire normand tout en contribuant à la promotion de la filière énergie avec ses partenaires. En tant que chef de file du projet H2 neutralité carbone, il a pour ambition de répondre aux besoins en qualifications pour accompagner le développement nécessaire de la filière hydrogène décarboné sur l’axe Seine et sur toute la chaîne de valeur : production, stockage et distribution, mobilité légère et lourde, terrestre et fluviale, captage et recyclage.
Pouvez-vous nous parler du projet H2 neutralité carbone ?
Dans ce projet, un travail d’ingénierie de formation est mené sur un éventail de certifications allant du baccalauréat professionnel au doctorat. L’objectif est de créer 24 modules de formation innovants permettant d’irriguer l’ensemble de l’appareil de formation professionnel normand (du bac‑3 au bac+8), à partir de deux lieux totems complémentaires et interconnectés (Bolbec et Vernon). Ces modules vont enrichir des formations existantes par de nouveaux contenus professionnalisants dans le domaine de l’hydrogène décarboné.
Les métiers ciblés par ce projet ont été choisis parmi les 84 métiers identifiées par France Hydrogène, dont 17 sont en tension. Ceci en tenant compte des besoins des entreprises normandes dans différents domaines tels que la maintenance, l’électricité, l’électrotechnique et l’électromécanique, ainsi que de la régulation, des automatismes et de l’exploitation.
Pour répondre aux exigences des entreprises et relancer l’attractivité des formations et des métiers, trois axes prioritaires sont mis en œuvre :
• axe 1 : créer un écosystème de l’hydrogène avec deux lieux totems complémentaires à Bolbec et à Vernon.
• axe 2 : attirer les publics sur des dispositifs culturels et scientifiques pour orienter vers les formations et les métiers de demain.
• axe 3 : créer le 1er réseau professionnel “hydrogène décarboné” de type alumni pour favoriser l’insertion professionnelle.
À qui s’adresse-t-il ?
Ce projet vise les publics de la formation initiale et continue, les demandeurs d’emploi et les salariés en évolution professionnelle. Les objectifs quantitatifs en termes de nombre de personnes formées sur la période 2023–2028 sont calculés à partir des capacités d’accueil des formations :
• 3 400 jeunes en orientation et en formation sous statut scolaire ;
• 1 900 jeunes en formation sous statut apprentis ;
• 290 salariés en poste, professionnels en reconversion et demandeurs d’emploi ;
• plus de 40 établissements de formation.



























