Habitat

Des monovilles aux smart cities. Vers la troisième révolution industrielle russe ?

Après avoir été un frein à l’entrée de la Russie dans l’« Iconomie » — cette troisième révo­lu­tion indus­trielle basée sur l’intégration des tech­nolo­gies de l’information et de nou­velles sources d’énergies renou­ve­lables —, les nom­breuses monovilles russ­es (cités fondées autour d’une seule indus­trie) sont en train d’en devenir le laboratoire.

Detroit aux États-Unis, Turin en Ital­ie, Sochaux, Thionville, Flo­r­ange, Le Creusot en France sont – ou ont été – des monovilles. Ces villes mono-indus­trielles, dont l’activité repose sur une seule indus­trie et dont les habi­tants n’ont qu’une seule com­pé­tence, sont inhérentes au cap­i­tal­isme de la sec­onde révo­lu­tion indus­trielle (1870–1971). Le phénomène est pro­pre à l’économie de la pro­duc­tion de masse en silo, où la grande entre­prise est le mode courant de recherche de gains de pro­duc­tiv­ité. Mais ce mode de pro­duc­tion est devenu obsolète avec la tran­si­tion vers la troisième révo­lu­tion indus­trielle, qui repose sur des activ­ités à plus forte inten­sité tech­nologique, diver­si­fiées avec des con­nex­ions en réseau d’entreprises générale­ment moyennes (même si elles peu­vent rester organ­isées autour d’une grande entre­prise-cœur à la taille plus réduite), et où l’innovation et la dif­fu­sion de la con­nais­sance jouent un rôle critique.
 
En Russie, les monovilles sont nées à la fois du cap­i­tal­isme d’État autori­taire qui fut celui de l’URSS, de la spé­ci­ficité de l’histoire sociale russe et des con­tin­gences his­toriques et géo­graphiques. Elles se sont créées près des ressources en matières pre­mières, en Sibérie, dans l’Oural, dans l’Arctique, dans une économie basée essen­tielle­ment sur les activ­ités pri­maires. Cer­taines furent ini­tiale­ment des goulags, comme Noril­sk (située au nord du cer­cle polaire arc­tique). Elles ont aus­si résulté du démé­nage­ment des indus­tries men­acées par l’avancée alle­mande en 1941 et de leur relo­cal­i­sa­tion vers l’est (ce qui fut à l’époque un exploit remarquable).
 
Les monovilles : un phénomène exac­er­bé par l’histoire de la Russie
 
La cul­ture urbaine russe diverge de la cul­ture occi­den­tale et n’a jamais été un levi­er de mod­erni­sa­tion. La ville russe a des car­ac­téris­tiques spé­ci­fiques qui puisent leurs sources dans l’histoire économique et sociale du pays. Ain­si, il n’y a pas eu de civil­i­sa­tion urbaine en Russie comme en Europe : le développe­ment urbain a été tardif, vers la sec­onde moitié du XXe siè­cle. Il n’y eut pas, comme en Europe de l’Ouest, de com­bi­nai­son entre crois­sance urbaine et développe­ment d’une classe moyenne et urbaine por­teuse d’une cul­ture civique. Il n’y eut pas dans le sys­tème auto­cra­tique russe de civil­i­sa­tion urbaine por­teuse de lib­erté com­mu­nale et d’une vie urbaine autonome liée au développe­ment com­mer­cial, indus­triel et poli­tique, et ce, para­doxale­ment, alors que la Russie avait été au Moyen-Âge por­teuse de la forme la plus accom­plie et la plus pré­coce de démoc­ra­tie directe et de lib­erté urbaine : le Vetché (1). Ces assem­blées pop­u­laires, nées dans les villes de Pskov et de Veli­ki Nov­gorod (2) (situées dans la par­tie nord-ouest de l’actuelle Russie) furent écrasées par le tsar Ivan III en 1478. Dès lors, la ville russe se dis­tin­gua peu de la cam­pagne, ne se détachant pas du pou­voir féo­dal. Les effets sur le développe­ment urbain de la crois­sance indus­trielle de la fin du XIXe siè­cle furent anéan­tis par la guerre civile et la dis­pari­tion physique du peu de classe ouvrière his­torique, avec l’effondrement démo­graphique des villes dans les années 1920. Le développe­ment intense durant la péri­ode sovié­tique de l’industrialisation ne fut, selon l’expression du soci­o­logue et démo­graphe Ana­toli Vich­nevs­ki (3), qu’une « faubour­gui­sa­tion » de la ville, peu­plée de paysans, où les dirigeants sovié­tiques ne voulaient voir naitre à aucun prix une quel­conque éman­ci­pa­tion urbaine. Ain­si, pour Vich­nevs­ki, la révo­lu­tion russe et l’industrialisation de la Russie furent une « mod­erni­sa­tion conservatrice ». 
 
Suiv­ant ce raison­nement, l’urbanisation sovié­tique n’aura été qu’un instru­ment, un sous-pro­duit de l’industrialisation qui avait besoin de « machines à habiter », et non un levi­er du développe­ment économique et poli­tique. Elle est restée con­ser­va­trice par crainte de l’effet éman­ci­pa­teur de la ville.
 
Dans les années 1950–1960, elle a pour­suivi cette poli­tique décidée d’en haut selon les principes du fonc­tion­nal­isme de Le Cor­busier. Ce dernier a notam­ment par­ticipé, avec l’architecte Boris Ruba­nenko, maitre de la pen­sée archi­tec­turale sovié­tique, à la con­cep­tion de la ville de Togli­at­ti selon des principes fort proches de l’urban plan­ning améri­cain. Pour la pen­sée marx­iste qu’incarnait Ruba­nenko, la créa­tion d’une ville nou­velle devait se faire en rup­ture avec l’héritage bour­geois du passé. Cela illus­trait une con­ver­gence de la pen­sée urbaine entre l’Est et l’Ouest, l’Ouest appor­tant sa tech­nic­ité et l’Est sa vision poli­tique de l’urbanisme qui se rejoignaient dans le fonc­tion­nal­isme. Togli­at­ti se voulait une ville totale regroupant les fonc­tions indus­trielles, d’habitation et de loisir, que l’on aurait pu par­courir à pied, incar­na­tion du mode de vie urbain sovié­tique. Les con­struc­tions de l’ère khrouchtchévi­enne puis bre­jnévi­enne ont été un pro­grès en ce qu’elles per­me­t­taient d’accéder au con­fort ménag­er et de quit­ter les apparte­ments com­mu­nau­taires. Cepen­dant, ces « machines à habiter » ne con­stituent pas un sys­tème de vie. Comme le résumait Ana­toli Vich­nevs­ki, il sem­blerait que, d’après tous les critères, la société sovié­tique des années 1980 soit dev­enue une société urbaine. Mais la réal­ité est beau­coup plus com­pliquée. La notion de sys­tème urbain, en tant que sys­tème autonome de vie et de développe­ment, fut donc absente de l’histoire russe avant et pen­dant la péri­ode soviétique. 
 
Les monovilles, un cout élevé et une menace 
 
On recense offi­cielle­ment aujourd’hui de 332 à 400 monovilles russ­es, selon les décomptes. Elles regroupent 15 % de la pop­u­la­tion russe et comptent pour 30 % du PIB russe (4). Toutes ne sont pas en crise : Noril­sk reste l’un des plus grands pro­duc­teurs mon­di­aux de nick­el, pesant 2 % du PIB russe… Mais elle est aus­si la ville la plus pol­luée et pol­lu­ante au monde ! À Togli­at­ti (le Detroit russe), Renault a repris l’usine Avtavaz avec pour objec­tif de la redresser.
 
Ces villes sont des villes-entre­pris­es, avec une admin­is­tra­tion munic­i­pale faible, sans grande com­pé­tence ni autonomie. En out­re, ces « cités-dor­toirs » vieil­lis­sent très mal et sont très cou­teuses à entretenir. Or, si l’activité économique va mal – la crise de 2008 a frap­pé fort en Russie –, l’entreprise n’investit plus dans les infra­struc­tures, les salaires bais­sent, l’habitat se dégrade et la ville entre dans un cer­cle vicieux du dépérisse­ment. C’est pourquoi les monovilles russ­es sont aujourd’hui des bombes à retarde­ment généra­tri­ces de trou­bles soci­aux et poli­tiques, le gou­verne­ment fédéral ayant déblo­qué plus de 5 mil­liards de dol­lars pour les soutenir, tout en choi­sis­sant d’en laiss­er dépérir une majorité. Mais au-delà de cette dimen­sion con­jonc­turelle de ges­tion de la crise sociale se pro­file celle de la recon­ver­sion de l’économie russe dans son ensem­ble vers la troisième révo­lu­tion industrielle.
 
La poli­tique active du gou­verne­ment russe
 
Il ne peut être ques­tion de main­tenir ces monovilles à coups de sub­ven­tions, comme ce fut par­fois fait – et cela l’est encore par­fois. En France, ce fut par exem­ple le cas en Lor­raine. Le rôle des finance­ments publics y a été posi­tif en ce qu’il a main­tenu un out­il indus­triel per­for­mant. Mais à plus long terme, il a retardé la recon­ver­sion de la sidérurgie et eu un cout économique et social con­sid­érable, à tra­vers la CGPS (con­ven­tion générale de pro­tec­tion sociale) signée pour ce secteur. Néan­moins, on peut tout de même con­sid­ér­er que ce fut une réus­site : la trans­for­ma­tion du mod­èle d’affaire de la sidérurgie et l’évolution de ses proces­sus de pro­duc­tion en ont fait une entre­prise per­for­mante, accom­pa­g­née d’un début de renais­sance urbaine. Nulle indus­trie, nul ter­ri­toire n’est donc con­damné s’il sait se réin­ven­ter à par­tir de ses acquis antérieurs.
 
En 2014, le gou­verne­ment russe a créé le fonds pour la réin­dus­tri­al­i­sa­tion des monovilles (5), organ­isme à but non lucratif dont la mis­sion est d’aider ces villes à dévelop­per un nou­veau mod­èle indus­triel. Sa poli­tique repose sur deux principes :
• Ne financer que de nou­veaux pro­jets qui ne soient pas liés à l’entreprise-cœur de la monoville, avec une par­tic­i­pa­tion de la ville à hau­teur de 5 %, parte­nar­i­at de principe compte tenu de la faib­lesse finan­cière des monovilles. S’il y a prise de par­tic­i­pa­tion du Fonds dans les nou­velles entre­pris­es, celle-ci doit rester minori­taire, à 49 % max­i­mum. Les pro­jets con­cer­nent des infra­struc­tures néces­saires à l’accueil de nou­velles entre­pris­es. Soix­ante-deux régions ont signé un accord en ce sens avec le Fonds fin 2016. 
• Cet apport en cap­i­tal indus­triel est ren­for­cé par un développe­ment du cap­i­tal humain, par la for­ma­tion d’équipes pro­jet com­posées de représen­tants des régions et des entre­pris­es. Ain­si 227 équipes auront ter­miné un cur­sus de 250 heures à Skolko­vo fin 2017.
 
L’intérêt de cette approche est qu’elle sort du sub­ven­tion­nement de survie pour créer des con­di­tions de développe­ment de nou­velles activ­ités par les villes con­cernées, ain­si que de sor­tie d’une logique d’assistance et de pilotage direct depuis le cen­tre – qui a été la norme en Russie depuis bien avant l’époque sovié­tique, pra­tique­ment depuis Pierre le Grand.
 
La diver­si­fi­ca­tion indus­trielle est notam­ment recher­chée par le développe­ment des technoparcs, qui se veu­lent une répli­ca­tion de la poli­tique des clus­ters, unis­sant PME, grandes entre­pris­es, uni­ver­sités et ban­ques de finance­ment dans un même écosys­tème. Une telle approche est de nature à stim­uler une véri­ta­ble dynamique de développe­ment ter­ri­to­r­i­al. Elle con­nait des péchés d’enfance qui, mal­gré les pro­grès réal­isés, ne sont pas encore réso­lus à ce jour : lour­deur des struc­tures qui sont par­fois des vit­rines pour obtenir des sub­ven­tions sans valeur ajoutée sci­en­tifique ni indus­trielle (6), rigid­ité de la bureau­cratie cloi­son­née héritée de l’époque sovié­tique, absence de sys­tème ban­caire spé­cial­isé et per­sis­tance d’une cer­taine cor­rup­tion, sys­tème juridique peu dévelop­pé pour garan­tir les droits de pro­priété. De plus, le cadre insti­tu­tion­nel est encore incom­plet, mal­gré des réus­sites spec­tac­u­laires comme le technoparc de Novossibirsk.
 
L’approche qui con­siste à con­sid­ér­er le développe­ment urbain et l’industrialisation comme une dynamique endogène, et non plus résul­tant d’une ini­tia­tive cen­trale exogène, est encore en ges­ta­tion en Russie. La créa­tion de ce qui devait être la Sil­i­con Val­ley russe à Skolko­vo s’est révélée très déce­vante. On a fait un « copi­er-coller » des infra­struc­tures sans saisir que la clé de la réus­site est dans la dynamique endogène d’un écosys­tème inno­vant. Il ne suf­fit pas de met­tre des gens ensem­ble dans un même lieu pour que se pro­duisent des inter­ac­tions créa­tives. Il faut un cadre favor­able, ce que la recherche a iden­ti­fié comme le « milieu inno­va­teur », con­sti­tué de con­di­tions aus­si bien matérielles qu’immatérielles. Avoir les bons ingré­di­ents est une con­di­tion néces­saire pour faire une may­on­naise, mais réus­sir une may­on­naise reste sujet à une indéter­mi­na­tion qui repose sur des con­di­tions dif­fi­ciles à repro­duire, comme le « tour de main » du cuisinier. Dès lors que l’on oublie cela, on retombe dans un scé­nario clas­sique de mégas­truc­ture inef­fi­cace sur fond d’affaires de corruption.
 
Les con­di­tions du pro­grès sont toute­fois réu­nies : les sanc­tions inter­na­tionales et la chute du prix du pét­role créent une sit­u­a­tion très favor­able en coupant la Russie des rentes d’une économie basée sur l’exportation de matières pre­mières et l’importation de tech­nolo­gies étrangères, et en inci­tant au développe­ment d’une indus­trie nationale basée sur l’innovation.
 
Ain­si, la ques­tion des monovilles offre aujourd’hui un con­cen­tré d’une Russie archaïque et d’une Russie inno­vante décidée à affron­ter ces défis, mais l’histoire nous apprend que la capac­ité de l’homme russe à les relever est rarement prise en défaut.
 
Villes intel­li­gentes : les leçons des monovilles
 
La tran­si­tion des monovilles vers des villes intel­li­gentes con­cen­tre tous les enjeux d’une poli­tique d’innovation pour faire entr­er la Russie dans le cer­cle des grands joueurs de la troisième révo­lu­tion industrielle.
 
La Fédéra­tion de Russie est classée 48e par­mi les 50 pays à haut revenu du Glob­al Inno­va­tion Index 2015, avec des points forts : l’éducation et le niveau sci­en­tifique, la pro­duc­tion de tech­nolo­gies ; avec des points faibles : le cadre insti­tu­tion­nel et régle­men­taire, une trans­mis­sion insuff­isante du savoir sci­en­tifique des uni­ver­sités vers les entre­pris­es ; et avec un point très faible : l’accès au crédit. Il résulte de cet envi­ron­nement une insuff­isante dynamique des PME qui sont au cœur de l’innovation, qui trou­ve sa source plus loin­taine dans l’absence de dynamique entre­pre­neuri­ale dans la Russie sovié­tique. Avec l’effondrement insti­tu­tion­nel de la Russie durant la péri­ode postso­vié­tique, cette dynamique entre­pre­neuri­ale au cœur de l’innovation n’a pu repren­dre que dans les années 2000, encore hand­i­capée par un cadre insti­tu­tion­nel inadapté.
 
Pren­dre comme axe struc­turant la tran­si­tion des monovilles vers des smart cities per­me­t­tra d’intégrer tous ces aspects dans une poli­tique urbaine inno­vante basée sur un développe­ment organique de la ville, pour pass­er d’un mod­èle de pilotage unique­ment depuis le cen­tre à la val­ori­sa­tion du développe­ment endogène du territoire.
 
Ce prob­lème se pose de manière assez iden­tique en France, à tra­vers notam­ment l’exemple emblé­ma­tique de la recon­ver­sion du cho­le­tais, autour de la ville de Cho­let (Maine-et-Loire). Spé­cial­isée à l’origine dans le vête­ment et la chaus­sure grand pub­lic – des indus­tries en déclin –, le cho­le­tais a réus­si sa recon­ver­sion en inté­grant, dans une indus­trie tra­di­tion­nelle, l’apport des tech­nolo­gies de pointe, là où les plans gou­verne­men­taux de regroupe­ment des entre­pris­es pour en faire des « entre­pris­es de taille mon­di­ale » avaient échoué. Cela a été ren­du pos­si­ble par la qual­ité de son cap­i­tal social, de son écosys­tème ter­ri­to­r­i­al qui con­stitue un « milieu inno­va­teur » fait de rela­tions de sol­i­dar­ité entre acteurs économiques et poli­tiques ancrées dans la tra­di­tion du chris­tian­isme social, qui stim­ule des syn­er­gies entre entre­pris­es, villes, ate­liers ruraux et appareil de for­ma­tion. Cette démarche ascen­dante, ancrée dans les réseaux et le cap­i­tal social, a réus­si alors que les démarch­es descen­dantes de l’État ont échoué. Autre exem­ple de recon­ver­sion réussie, l’industrie hor­logère suisse-jurassi­enne qui, par la dynamique de son ter­ri­toire et de son cap­i­tal social, a pu résis­ter à l’offensive de la mon­tre dig­i­tale en inté­grant les tech­nolo­gies numériques dans la con­cep­tion haut de gamme tra­di­tion­nelle de l’horlogerie suisse.
 
L’ampleur du prob­lème posé par les monovilles exclut, dans un con­texte budgé­taire con­traint et face à l’urgence poli­tique et sociale, la pour­suite de poli­tiques d’assistanat. Elle impose une rup­ture dans la con­cep­tion de la ville en replaçant l’habitant au cen­tre – d’où le regain d’intérêt en Russie pour l’histoire du Vétché. Ce sont de nou­velles com­pé­tences, de nou­velles règles de con­cep­tion qu’il s’agit de dévelop­per au niveau des admin­is­tra­tions cen­trales, des gou­verne­ments locaux et chez les opéra­teurs (7).
 
Notes
 
(1) Le Vétché (вече) était une forme assez pure de démoc­ra­tie directe que l’on retrou­ve aujourd’hui dans la lands­ge­meinde des can­tons suiss­es alé­maniques, où quiconque son­nait la cloche de la ville pou­vait con­vo­quer une assem­blée pour délibér­er sur un sujet. Un sens partagé du Bien com­mun et d’une esthé­tique glob­ale lié à la délibéra­tion démoc­ra­tique per­me­t­tait de résoudre les prob­lèmes de l’organisation des fonc­tions urbaines (organ­i­sa­tion des métiers, cir­cu­la­tion, inter­faces entre villes et cam­pagnes, vie religieuse et vie civique), de choisir et de chas­s­er un prince.
 
(2) « Nov­gorod-la-Grande », à ne pas con­fon­dre avec Nijni Novgorod.
 
(3) La Fau­cille et le rou­ble : la mod­erni­sa­tion con­ser­va­trice en URSS (Gal­li­mard, 2000).
 
(4) « Solv­ing monoc­i­ties prob­lem as a basis to improve the qual­i­ty of life in Rus­sia », Natalia Yuriev­na Kir­sano­va and Olga Mikhailov­na Lenkovets, Nation­al Min­er­al Resources Uni­ver­si­ty (Uni­ver­si­ty of Mines), St. Petersburg.
 
 
(6) Phénomène con­nu en France avec la poli­tique des pôles de compétitivité.
 
(7) Des ini­tia­tives sont en cours de développe­ment entre la France et la Russie dans ce domaine.
 
Pour aller plus loin  :
• Claude Rochet, « La recon­ver­sion des monovilles comme levi­er du change­ment de par­a­digme de l’économie russe », édi­tion élec­tron­ique, à paraitre en édi­tion bilingue, ouvrage col­lec­tif du sémi­naire fran­co-russe d’économie, Académie des sci­ences de la Fédéra­tion de Russie.
• Claude Rochet, « Géopoli­tique et développe­ment urbain en Russie », présen­ta­tion au 9e fes­ti­val de géopoli­tique de Grenoble
 
Légende de la pho­to ci-dessus : Le Skolko­vo Inno­va­tion Cen­ter près de Moscou, qui a pour ambi­tion de rivalis­er à terme avec la Sil­i­con Val­ley. Lancé en 2009 par le prési­dent russe Dmitri Medvedev, ce pro­jet d’une vaste techno­pole com­prend des lab­o­ra­toires de recherche, y com­pris uni­ver­si­taire, des entre­pris­es con­fir­mées et des start-up, des pôles de ren­con­tres et de sémi­naires ain­si que des zones rési­den­tielles. Son aboutisse­ment est atten­du pour 2020. Le pro­jet sus­cite de fortes cri­tiques, la prin­ci­pale con­cer­nant sa décon­nex­ion du reste de l’environnement économique exis­tant en Russie. (© Shutterstock/fotiyka).

À propos de l'auteur

Claude Rochet

Claude Rochet

Professeur des universités honoraire, chercheur associé, université de Versailles.

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