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Les métropoles, clés du développement de la mobilité électrique

Lieux de con­cen­tra­tion des exter­nal­ités néga­tives dues au traf­ic, les ter­ri­toires urbains sont moteurs dans la pro­mo­tion de la mobil­ité élec­trique, sur laque­lle ils comptent en par­tie pour réduire la pol­lu­tion, la con­ges­tion routière et le bruit.

Com­ment les villes peu­vent-elles répon­dre à leurs besoins en matière de trans­port en respec­tant les rigoureuses normes européennes et les normes envi­ron­nemen­tales nationales afin de réduire la dépen­dance à l’égard des impor­ta­tions de pét­role, les émis­sions de gaz à effet de serre et la pol­lu­tion atmo­sphérique et sonore locale ? Comme élé­ment d’une réponse équili­brée, les véhicules élec­triques sont un moyen pour les villes d’introduire une mobil­ité pro­pre, économe en énergie et durable. Les grandes métrop­o­les sont elles aus­si entrées dans l’ère de la mon­di­al­i­sa­tion. En offrant une meilleure qual­ité de vie dans un envi­ron­nement plus pro­pre, plus vert et plus silen­cieux, elles souhait­ent con­va­in­cre plus d’entreprises et de nou­veaux habi­tants de s’y installer en offrant un cadre de vie priv­ilégié. La mobil­ité élec­trique à zéro émis­sion est pour les munic­i­pal­ités un élé­ment essen­tiel de cet avenir plus pro­pre. Leur volon­té de men­er une poli­tique de lutte con­tre la pol­lu­tion de l’air ain­si que l’autonomie encore lim­itée des véhicules élec­triques con­duisent les villes à priv­ilégi­er et à soutenir un développe­ment urbain de ces véhicules.
Paris, ville pionnière !
En la matière, Paris a été une des grandes métrop­o­les français­es pio­nnières. La cap­i­tale a mis en place un pro­gramme de sou­tien à la mobil­ité douce au début des années 1990, bien avant le lance­ment d’Autolib’ en 2011. C’est même la pre­mière cap­i­tale mon­di­ale à avoir instau­ré la gra­tu­ité du sta­tion­nement pour les véhicules élec­triques en 1993 en instal­lant ses pre­mières bornes de recharge élec­trique. Depuis le 3 décem­bre 2018, 200 anci­ennes sta­tions Autolib’ ont été remis­es en ser­vice, soit env­i­ron 1 000 bornes. Ces sta­tions, sélec­tion­nées et répar­ties sur les 20 arrondisse­ments, représen­tent 80 % des recharges effec­tuées. La recharge sur ces bornes est acces­si­ble aux par­ti­c­uliers comme aux pro­fes­sion­nels. Elle est con­di­tion­née par l’achat d’une carte spé­ci­fique « Recharge élec­trique », tar­ifée de la manière for­faitaire suiv­ante : 120 €/an pour les par­ti­c­uliers et usagers pro­fes­sion­nels (carte « Recharge véhicule pri­vatif ») et 600 €/an pour les pro­fes­sion­nels faisant une exploita­tion com­mer­ciale du véhicule, en free float­ing ou en autopartage, les taxis et les VTC (carte « Recharge véhicule partagé »). Atten­tion, ces emplace­ments sont unique­ment réservés à la recharge de véhicules élec­triques. Le sim­ple sta­tion­nement y est inter­dit même si beau­coup se l’autorisent. En ce qui con­cerne les trans­ports col­lec­tifs, le résul­tat du plus gros marché européen de bus élec­triques est tombé début avril avec l’achat par la RATP de 800 bus élec­triques aux trois con­struc­teurs français Heuliez, Alstom et Bol­loré. Île-de-France Mobil­ités (IDFM), l’autorité organ­isatrice des trans­ports dans la région, va égale­ment com­man­der 641 bus pro­pres pour la grande couronne. Cette méga­com­mande de 400 mil­lions d’euros est répar­tie à parts égales entre les trois indus­triels (133 M€ cha­cun). Atten­dues dès la fin 2020, les livraisons s’étaleront jusqu’en 2022.
Des aides incitatives…
À Lyon et dans sa métro­pole, le traf­ic routi­er est le pre­mier secteur émet­teur d’oxydes d’azote. En 2015, il représen­tait plus de 60 % des émis­sions. D’après les normes de l’Organisation mon­di­ale de la san­té, la qua­si-total­ité de la pop­u­la­tion de la métro­pole lyon­naise est exposée à une pol­lu­tion aux par­tic­ules fines. Selon les esti­ma­tions d’ATMO* Auvergne-Rhône-Alpes, le nom­bre d’habitants sur­ex­posés à la pol­lu­tion au dioxyde d’azote pour­ra être divisé par deux en 2021 grâce au renou­velle­ment des véhicules les plus pol­lu­ants. Con­sciente de cet enjeu de san­té publique, la Métro­pole de Lyon a voté début févri­er 2019 la mise en place d’une zone à faibles émis­sions sur son ter­ri­toire. Cen­trée sur les camions et util­i­taires légers qui émet­tent 51 % du dioxyde d’azote alors qu’ils ne représen­tent que 25 % du traf­ic routi­er, celle-ci sera offi­cielle­ment lancée le 1er jan­vi­er 2020 après une année 2019 con­sacrée à la sen­si­bil­i­sa­tion des pro­fes­sion­nels afin de les encour­ager à renou­vel­er leurs flottes avec des mod­èles plus vertueux. En 2020, les critères d’entrée dans la zone seront pro­gres­sive­ment dur­cis. Alors que les poids lourds et util­i­taires légers sans vignette ou classés Crit’Air 4 ou 5 seront inter­dits 24 h/24 et 7 j/7 à par­tir de 2020, ceux dotés d’une vignette Crit’Air 3 seront exclus à compter du 1er jan­vi­er 2021. Cer­tains véhicules pro­fes­sion­nels comme les béton­nières et les camions-bennes béné­ficieront d’une déro­ga­tion de cir­cu­la­tion. Afin d’aider les arti­sans, TPE et PME à acheter ou à louer des véhicules plus pro­pres, la Métro­pole de Lyon a lancé un nou­veau pro­gramme de finance­ment. Doté d’un bud­get de un mil­lion d’euros et étalé sur trois ans, celui-ci prévoit 10 000 euros d’aide pour l’acquisition d’un poids lourd élec­trique, 5 000 euros pour un util­i­taire léger et 300 euros pour un tri­por­teur électrique.
Éviter le retour de la voiture en ville !
L’électromobilité présente cer­tains incon­vénients comme le fait d’entraîner des coûts ini­ti­aux élevés ou de ris­quer de détourn­er la pop­u­la­tion des trans­ports col­lec­tifs ou des modes de mobil­ité act­ifs, comme la bicy­clette, béné­fiques pour la san­té. Si le développe­ment des véhicules élec­triques apporte une réponse aux ques­tions de la pol­lu­tion de l’air ou du bruit, le fait qu’ils soient aus­si encom­brants qu’une voiture ther­mique ne per­met pas, par exem­ple, de résoudre les prob­lèmes liés à la con­ges­tion routière et à la sat­u­ra­tion de l’espace pub­lic. Il fau­dra veiller à ce que les facil­ités de cir­cu­la­tion et de sta­tion­nement qui leur sont accordées ne con­tribuent pas à créer de nou­veaux déplace­ments en voiture ni à ampli­fi­er l’usage de l’automobile en ville au moment même où l’on con­state dans plusieurs grandes aggloméra­tions français­es un pla­fon­nement, voire un recul de l’usage de la voiture, une forte pro­gres­sion des trans­ports col­lec­tifs et un net regain d’intérêt pour le vélo ou le vélo à assis­tance élec­trique (VAE).
Le VAE en mode vélotaf !
À l’heure où le vélo et ses dif­férentes décli­naisons devi­en­nent un moyen de loco­mo­tion de plus en plus plébisc­ité, les col­lec­tiv­ités locales se mobilisent pour accom­pa­g­n­er le développe­ment de ce moyen de déplace­ment, favoris­er son achat et son usage dans les villes. Beau­coup pro­posent des sub­ven­tions et des aides pour faire l’achat d’un VAE, par­ti­c­ulière­ment adap­té à un usage quo­ti­di­en pour se ren­dre au tra­vail en mode « vélotaf » sans arriv­er en sueur au bureau. Sobre en énergie, économique, peu encom­brant et bon pour la san­té, le VAE présente en effet de mul­ti­ples avan­tages ain­si qu’un réel poten­tiel de développe­ment dans les ter­ri­toires peu dens­es, notam­ment comme moyen de trans­port mul­ti­modal vers les gares ou sta­tions de tramway moyen­nant une dépense publique mod­este. Du vélo de ville au VTC en pas­sant désor­mais par le VTT, le VAE con­tin­ue à séduire les Français. D’après les don­nées annuelles com­mu­niquées par l’Union sport & cycle, 338 000 VAE ont été écoulés l’an dernier, soit une pro­gres­sion de 21 % par rap­port à 2017.

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[mks_accordion_item title=“Les ventes mon­di­ales de VE con­cen­trées dans 25 grands marchés urbains”]Selon l’International Coun­cil on Clean Trans­porta­tion, la majorité des ventes mon­di­ales de véhicules élec­triques (VE) s’est con­cen­trée dans seule­ment 25 marchés urbains, dont onze en Chine. Les autres grands marchés mon­di­aux sont situés dans qua­torze grandes métrop­o­les : Lon­dres ; Paris ; Tokyo et Kyoto (Japon) ; Ams­ter­dam ; Bergen et Oslo (Norvège) ; Stock­holm (Suède) ; Los Ange­les, New York, San Diego, San Fran­cis­co, San José et Seat­tle (États-Unis). Ces 25 villes représen­tent 12 % des ventes mon­di­ales de véhicules, mais 44 % de celles de VE. Leur infra­struc­ture de recharge est en moyenne 24 fois plus dévelop­pée que celle d’une ville moyenne.[/mks_accordion_item]

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Pho­to ci-dessus : le vélo élec­trique présente de mul­ti­ples avan­tages pour l’environnement et la san­té. © Michel PERES/ Région Auvergne-Rhône-Alpes

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