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La BEI ne financera plus les énergies fossiles

C’est historique. La Banque européenne d’investissement (BEI) a récemment annoncé qu’elle allait cesser de soutenir les projets liés aux énergies fossiles, le gaz compris, à partir de 2022. Le président de la BEI, Werner Hoyer, a parlé « d’un bond de géant ».

Nous allons arrêter de financer les énergies fossiles et nous allons lancer la plus ambitieuse stratégie d’investissements pour le climat de toutes les institutions financières publiques dans le monde », a indiqué le président de la BEI.

La banque européenne, basée au Luxembourg, avait, dès le mois de juillet 2019, préconisé de ne plus investir dans les projets liés aux énergies fossiles, mais cette décision avait alors suscité des débats houleux au sein du conseil d’administration, composé de représentants des États membres et de la Commission européenne. Plusieurs ONG avaient pointé du doigt les hésitations, notamment en ce qui concerne l’inclusion des projets liés au gaz.

La Commission européenne a soutenu l’annonce de la BEI et a indiqué qu’elle était satisfaite d’un « arrangement transitoire pour l’abandon progressif des projets gaziers, y compris les projets vitaux d’interconnexion et de stockage du gaz, les projets dits d’intérêt commun ».

La BEI doit débloquer mille milliards d’euros d’investissements dans les actions pour le climat. Selon Andrew McDowell, vice-président de la BEI, d’ici à 2025, un euro sur deux sera investi dans des projets environnementaux.

L’objectif est que cette décision fasse école et que d’autres fonds de l’Union excluent les activités polluantes qui aggravent les changements climatiques.
Fin 2021, la BEI introduira une norme spéciale de « performance », en fait un seuil d’émissions fixé à 250 grammes de CO2 par kilowattheure. Tous les projets devront s’y soumettre pour espérer un financement.

Or les projets gaziers ne peuvent pas respecter ce seuil, estime la banque européenne. La seule solution serait de recourir à des gaz « verts » ou au stockage de carbone.

L’organisation WWF a fait savoir que ce seuil était encore trop élevé, car il permet à de grandes centrales gazières d’être admissibles.

Greenpeace pour sa part a indiqué que, pour l’heure, 19 États membres de l’Union soutenaient la politique de la BEI, dont la France et l’Allemagne. À noter que le Luxembourg et l’Autriche se sont abstenus pour protester contre l’inclusion du nucléaire dans la nouvelle politique de la BEI.

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