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La méthanisation a de nombreux effets positifs, en voici quatre pour résumer

© BÖRGER

Les effets agronomiques

La méthani­sa­tion par­ticipe à la tran­si­tion agroé­cologique de dif­férentes façons. Les effets agronomiques sont plus ou moins impor­tants en fonc­tion de la typolo­gie des instal­la­tions : à la ferme (inté­grée dans une exploita­tion agri­cole), en col­lec­tif agri­cole (portée par plusieurs struc­tures agri­coles) ou ter­ri­to­ri­ale (portée par plusieurs types d’acteurs : col­lec­tiv­ités, développeurs, indus­triels et agricul­teurs, et val­orisant les déchets d’un ter­ri­toire don­né). Quelle que soit la typolo­gie, la méthani­sa­tion per­met d’assurer le retour au sol des déchets organiques d’un ter­ri­toire par l’épandage du dige­s­tat et entre ain­si dans la boucle vertueuse de l’économie circulaire.

Le dige­s­tat per­met d’entretenir le stock de matière organique des sols en ramenant au sol une par­tie de la matière organique con­tenue dans les intrants (déjec­tions ani­males, biodéchets, résidus de cul­ture, etc.). Le dige­s­tat est égale­ment un fer­til­isant utile pour les cul­tures. Son usage per­met de recy­cler les nutri­ments qui, sinon, sont le plus sou­vent apportés par des engrais minéraux dont la pro­duc­tion est éner­gi­vore et forte­ment émet­trice de gaz à effet de serre et dont cer­taines ressources sont lim­itées (notam­ment le phosphore).

La méthani­sa­tion agri­cole offre une dou­ble val­ori­sa­tion des déjec­tions ani­males : val­ori­sa­tion énergé­tique et agronomique, et per­met de don­ner une sec­onde vie aux résidus de la ferme (menues pailles, cannes de maïs, etc.). La méthani­sa­tion peut être un levi­er pour dévelop­per la pra­tique des cul­tures inter­mé­di­aires (CIVE). La pra­tique des CIVE amène cer­tains agricul­teurs à faire évoluer leurs habi­tudes vers des méth­odes de cul­ture plus respectueuses de l’environnement.

Enfin, la méthani­sa­tion à la ferme peut égale­ment être source de nou­velles activ­ités, notam­ment dans le cas d’une val­ori­sa­tion du biogaz par cogénéra­tion, grâce à la chaleur pro­duite (pro­duc­tion d’algues, chauffage de ser­res, séchage de bois, etc.). La chaleur de la cogénéra­tion peut égale­ment servir au séchage de four­rage et con­courir à une meilleure autonomie ali­men­taire des élevages.

Les effets sur l’environnement

L’activité agri­cole est la source d’émissions de plusieurs gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O…), soit par émis­sions directes dans les champs, soit indi­recte­ment à tra­vers la con­som­ma­tion d’engrais ou d’énergie. La méthani­sa­tion per­met de dimin­uer plusieurs des sources d’émissions sans mod­i­fi­er les modes de fonc­tion­nement agri­coles. Les émis­sions pro­pres au procédé de méthani­sa­tion sont faibles com­parées aux réduc­tions observées des émis­sions agri­coles directes et indirectes.

L’impact des diges­tats de méthani­sa­tion sur les sols est étroite­ment lié à la qual­ité des intrants. Avec des intrants agri­coles bien maîtrisés, un proces­sus d’épandage con­trôlé per­met d’apporter au sol un amende­ment de qual­ité sans les incon­vénients liés à l’épandage de lisi­er brut par exemple.
En pro­posant une solu­tion très locale au traite­ment des déchets biodégrad­ables, la méthani­sa­tion s’inscrit dans une logique d’économie circulaire.

Les effets économiques sur le territoire

Installer une unité de méthani­sa­tion relève de l’initiative d’un acteur ou d’un col­lec­tif d’acteurs (agricul­teurs en par­ti­c­uli­er) générale­ment implan­té sur le ter­ri­toire ou ayant des liens forts avec le ter­ri­toire. Cette com­posante ter­ri­to­ri­ale est fon­da­men­tale pour le suc­cès du pro­jet, qui dépen­dra de son appro­pri­a­tion par les acteurs du ter­ri­toire. Cette appro­pri­a­tion com­porte une dimen­sion géo­graphique (choix du site), une dimen­sion sociale et une dimen­sion poli­tique : elle pour­ra s’appuyer sur la dynamique ter­ri­to­ri­ale de tran­si­tion énergé­tique pou­vant exis­ter sur le territoire.

Une fois opéra­tionnelle, l’unité s’insère dans le tis­su socio-économique du ter­ri­toire en appor­tant de la valeur ajoutée pour les acteurs concernés.

Lorsque l’unité est mise en place, son fonc­tion­nement a un effet sur les por­teurs de pro­jets, sur la fil­ière bio­masse-énergie (four­nisseurs de déchets, util­isa­teurs du dige­s­tat et acteurs de l’énergie) et sur le ter­ri­toire d’implantation dans son ensem­ble. La méthani­sa­tion peut per­me­t­tre de dégager des revenus sup­plé­men­taires, notam­ment pour les por­teurs de pro­jets. Un gain de valeur ajoutée est égale­ment pos­si­ble pour les instal­la­tions agri­coles impliquées dans le pro­jet (diver­si­fi­ca­tion, meilleure effi­cac­ité, etc.) et pour tous les acteurs con­cernés. Des emplois locaux et non délo­cal­is­ables peu­vent être créés du fait du développe­ment de cette nou­velle activ­ité. Par ailleurs, tou­jours con­cer­nant l’emploi, l’activité agri­cole exis­tante est péren­nisée et, poten­tielle­ment, des emplois indi­rects peu­vent être main­tenus sur le territoire.

Ces effets socio-économiques poten­tiels ne sont pas garan­tis, car ils dépen­dent de nom­breux fac­teurs. Par exem­ple, le cap­i­tal humain con­stitue (non seule­ment en France, mais aus­si partout en Europe) un fac­teur lim­i­tant pour son développe­ment, et pour la réus­site des pro­jets et l’obtention de retombées socio-économiques impor­tantes à la suite de la créa­tion des unités. Un proces­sus de pro­fes­sion­nal­i­sa­tion est en cours (aus­si bien pour les con­seillers des cham­bres d’agriculture que pour les agricul­teurs eux-mêmes) et l’évolution des activ­ités peut induire une vari­a­tion de la charge de tra­vail des exploitants et de leur image auprès des populations.

Les effets énergétiques

La méthani­sa­tion per­met une pro­duc­tion locale d’énergie sous forme de biogaz à par­tir de matières du ter­ri­toire. Elle con­tribue ain­si à l’indépendance énergé­tique nationale en réduisant l’importation de gaz naturel fossile.

Il existe dif­férents débouchés pour cette énergie qui peut avoir plusieurs fonc­tions pour les pro­fes­sion­nels et les par­ti­c­uliers : pro­duc­tion de chaleur, d’électricité ou de bio­méthane injec­té ou non dans les réseaux de gaz naturel.

Cette énergie d’origine agri­cole présente l’avantage de la sta­bil­ité pour les sys­tèmes énergé­tiques français (élec­tric­ité et gaz). En effet, la pro­duc­tion con­stante de biogaz en fait une source d’approvisionnement non inter­mit­tente. Enfin, le bio­méthane est facile­ment stock­able dans les instal­la­tions de stock­age de gaz naturel pour répon­dre aux vari­a­tions de la con­som­ma­tion d’énergie.

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