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Nantes Saint-Nazaire : le territoire où la transition écologique a le vent en poupe

Nantes et Saint-Nazaire, respec­tive­ment Cap­i­tale européenne de l’innovation 2019 et 2e aggloméra­tion de moins de 250 000 habi­tants en ter­mes d’attractivité économique, for­ment un ter­ri­toire très dynamique où les fil­ières tra­di­tion­nelles s’ouvrent à l’innovation et où l’écosystème local des indus­tries marines se struc­ture, atti­rant de nom­breuses entre­pris­es, privées ou publiques, con­scientes de ses richess­es encore inex­ploitées offertes par l’économie liée à la mer et au littoral.

Blue Inno­va­tion. Nous met­tons régulière­ment en lumière  des inno­va­tions liées au développe­ment durable, tels le pro­jet Neo­line ou le lance­ment de la pre­mière éoli­enne off­shore flot­tante. Pou­vez-vous dessin­er en grandes lignes un état des lieux du secteur ?

Antoine Adam. Les deux fil­ières évo­quées ont la par­tic­u­lar­ité d’incarner des fil­ières d’avenir par­mi les plus impor­tantes pour Nantes et Saint-Nazaire, sur le sujet de la tran­si­tion énergétique.

La fil­ière du trans­port vélique, notam­ment, prend une ampleur con­sid­érable. Elle compte sur un ter­reau par­ti­c­ulière­ment fer­tile du ter­ri­toire, avec la présence his­torique de nom­breux acteurs qui accom­pa­g­nent et entourent la fil­ière et de belles instal­la­tions (en ter­mes d’entreprises accom­pa­g­nées par Nantes Saint-Nazaire Développe­ment dans leur déploiement sur le ter­ri­toire). En la matière, plusieurs pro­jets et instal­la­tions illus­trent ce dynamisme. À l’instar de Wind for Goods – évène­ment con­sacré au trans­port mar­itime à la voile et organ­isé pour la pre­mière fois en 2021, avec une sec­onde édi­tion les 1er et 2 juin 2023 – et l’implantation de Wisamo – spin-off de la société Miche­lin – en juil­let dernier à Nantes, esti­mant que l’écosystème local était le plus favor­able pour le développe­ment de pro­jets en lien avec le trans­port mar­itime décarboné.

S’agissant de l’éolien flot­tant, nous en sommes encore aux prémices d’une fil­ière poten­tielle­ment d’envergure inter­na­tionale. La présence de ce qui a longtemps été la seule éoli­enne flot­tante pro­duc­trice d’énergie au monde au large du Croisic, sur le site d’essai en mer Sem-Rev – Float­gen –, en est un sym­bole important.

De la même manière, l’écosystème local est lui aus­si par­ti­c­ulière­ment riche en ce qu’il s’articule autour d’entreprises qui tra­vail­lent sur la logis­tique, la R&D ain­si que sur le déploiement de l’éolien du côté du port de Saint-Nazaire. In fine, ce sont plusieurs pro­jets qui exis­tent sur le ter­ri­toire de Nantes et Saint-Nazaire afin de répon­dre au développe­ment de cette fil­ière. D’ailleurs, d’un point de vue plus macro, la France a une carte à jouer au niveau européen en matière d’éolien off­shore. Le ter­ri­toire de Nantes et Saint-Nazaire peut, quant à lui, agir au niveau nation­al pour devenir le port d’attache et de logis­tique des parcs flot­tants de la façade atlan­tique et ain­si dévelop­per les tech­nolo­gies de demain.

La fil­ière de l’éolien off­shore se développe à grands pas et occu­pera une place impor­tante dans le mix énergé­tique aux côtés des autres sources d’énergies renou­ve­lables. Pou­vez-vous nous en dire plus sur les évo­lu­tions atten­dues en matière d’énergies marines renouvelables ?

Il est évi­dent que cette fil­ière va pren­dre une place de plus en plus impor­tante, qui plus est dans un con­texte de crise énergé­tique. En accord avec les enjeux envi­ron­nemen­taux actuels, le gou­verne­ment et plusieurs acteurs nationaux ont la volon­té de pouss­er l’éolien off­shore, pré­cisé­ment parce qu’il vient répon­dre aux prob­lé­ma­tiques posées par l’éolien ter­restre. Il per­met de tir­er prof­it d’un fonci­er mar­itime con­sid­érable, de capter des vents plus forts au large, et donc pro­duire plus avec moins. C’est finale­ment une nou­velle économie indus­trielle qui est en train d’émerger et la nais­sance du parc éolien de Saint-Nazaire en est la preuve.

Il faut tout de même s’interroger à plusieurs niveaux, notam­ment en ter­mes d’industrie et d’écosystème local. Se pose la ques­tion de savoir de quelle manière accom­pa­g­n­er les acteurs qui souhait­ent s’implanter sur le ter­ri­toire, qu’il s’agisse de for­ma­tion pour acquérir les bonnes com­pé­tences au regard de l’émergence de nou­veaux métiers ou de recherche du bon équili­bre entre prestataires inter­na­tionaux et locaux afin de préserv­er un tis­su local riche. Cela est très impor­tant pour la sou­veraineté nationale prou­vant que le marché français est un marché d’avenir.

En ter­mes d’évolutions atten­dues, le ter­ri­toire de Nantes et Saint-Nazaire a une vraie carte à jouer avec un sens fort de l’innovation, par­ti­c­ulière­ment sur les éner­gies marines renou­ve­lables : éner­gies houlo­motrice et hydroli­enne générées par le vent et qui se propa­gent à la sur­face des océans. On peut égale­ment citer l’énergie ther­mique des mers (ETM), l’exploitation de la bio­masse marine, le solaire flot­tant ou encore l’énergie osmo­tique. Et avec la présence de l’ensemble de la chaîne de valeur, de la R&D au déploiement indus­triel, les acteurs ter­ri­to­ri­aux se sont mis en ordre de bataille pour répon­dre aux enjeux.

Nous venons de citer Neo­line, ce car­go rouli­er propul­sé par une énergie vélique, l’un des exem­ples des inno­va­tions durables qui nais­sent sur votre ter­ri­toire. Pou­vez-vous dress­er un état des évo­lu­tions atten­dues dans le secteur du trans­port mar­itime décarboné ?

Comme évo­qué, l’évènement Wind for Goods a été créé pour répon­dre aux besoins de la fil­ière du trans­port mar­itime à la voile. En effet, les acteurs du secteur sur le ter­ri­toire ont des besoins forts en finance­ment et en vis­i­bil­ité. Cet évène­ment en est une réponse, tout en créant des syn­er­gies entre les dif­férents acteurs afin de soutenir l’émergence d’une fil­ière d’avenir. C’est d’ailleurs la force du ter­ri­toire de Nantes et Saint-Nazaire, puisque l’ensemble de la chaîne de valeur (réseaux d’innovation, financeurs, chaîne de sous-trai­tance, etc.) y est présente et vient accom­pa­g­n­er la mon­tée en puis­sance de la filière.

On observe aujourd’hui que le trans­port à la voile trou­ve un écho fort auprès des arma­teurs, des con­struc­teurs et égale­ment du grand pub­lic, puisque la voile est le pre­mier mode de trans­port de l’humanité et qu’elle con­stitue la seule énergie gra­tu­ite et illim­itée. On assiste donc à un retour en force de ce mode de trans­port avec l’émergence de pro­jets mon­di­aux et nationaux. C’est le cas des tech­nolo­gies de voile qui équipent les car­gos exis­tants pour lim­iter l’émission de gaz à effets de serre pro­duits par le trans­port mar­itime, plus que jamais d’actualité. Dans cette logique, de plus en plus d’armateurs et de chargeurs sont ain­si en train de revoir leur mod­èle et de con­sid­ér­er le trans­port vélique comme une alter­na­tive crédible.

Finale­ment, c’est toute une fil­ière qui est en pleine crois­sance en France : 3 000 emplois d’ici à 2030, nais­sance des pre­miers car­gos équipés de voiles. En par­al­lèle, un cadre régle­men­taire qui oblige les arma­teurs à décar­bon­er leurs activ­ités ; et le vent est à l’heure actuelle la seule tech­nolo­gie qui le per­me­tte et qui puisse être déployée massivement. 

Pho­to ci-dessus : © Nantes Saint-Nazaire Développement.

À propos de l'auteur

Antoine Adam

Chargé d’affaires Industrie, Agence Nantes Saint-Nazaire Développement.

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