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Le nouveau programme de rénovation des bâtiments

Le secteur du bâtiment représente 45 % de la consommation d’énergie et 27 % des émissions de gaz à effet de serre. En tout, sept millions de logements sont mal isolés en France. Un an après le Plan de rénovation énergétique des bâtiments, qui fait de la rénovation énergétique une priorité nationale, le gouvernement vient de signer la convention de financement de PROFEEL (Programme de filière pour l’innovation en faveur des économies d’énergie dans le bâtiment et le logement).

Le 26 avril dernier, François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), 16 organisations professionnelles ainsi que les financeurs ont signé le financement du PROFEEL.

L’objectif est de contribuer à la réussite du Plan de rénovation énergétique. Le financement de PROFEEL s’élève à 24,55 millions d’euros dans le cadre du dispositif des certificats d’économie d’énergie grâce à des contributions financières d’EDF (40 %), de Total (30 %), d’Engie (20 %), d’ENI (5 %) et de la CPCU Paris (5 %). Ce projet est en outre porté par l’Agence qualité construction (AQC) qui gère six des neuf projets et par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) qui gère les trois autres.

Un projet ambitieux

Le programme PROFEEL est présidé par Nadia Bouyer, directrice générale de Domaxis, entreprise sociale pour l’habitat, et très investie depuis longtemps dans les enjeux liés au bâtiment et au logement.

Il vise essentiellement à stimuler et à démocratiser l’innovation pour l’ensemble des acteurs du secteur. L’économie d’énergie visée équivaut à 4,91 TWh cumac (térawattheures cumulés actualisés).

Les 16 organisations professionnelles signataires sont toutes membres du Conseil supérieur de la construction énergétique (CSCEE). Dans le cadre du PROFEEL, elles sont motivées par quatre objectifs :

1. Promouvoir les usages intelligents pour des comportements responsables grâce à des outils intelligents qui permettront de sensibiliser les occupants de bâtiments à des usages responsables et d’identifier les améliorations à apporter pour renforcer l’efficacité énergétique ;

2. Renforcer la culture du résultat. Fournir des éléments d’évaluation des performances aux propriétaires ou aux gestionnaires d’immeubles ;

3. Innover dans les process organisationnels par l’utilisation du numérique dans les différentes étapes de rénovation, mais aussi en réduisant l’impact des matériaux dangereux. Enfin, il s’agira de stimuler l’innovation dans tous les domaines (high tech et low tech) ;

4. Développer des solutions pour la massification. Explorer des pistes techniques et économiques, les expérimenter et œuvrer à leur assurabilité et à leur appropriation.
Les neuf projets ou actions opérationnelles doivent permettre de développer des protocoles de mesures de la performance réelle des rénovations, donc de gagner en efficacité tout en diminuant les coûts. Ils doivent aussi offrir des outils innovants aux professionnels du bâtiment : applications numériques pour établir des diagnostics initiaux, aider à la prise de décision dans les rénovations, mieux contrôler les travaux et détecter rapidement les problèmes, aider dans le choix des stratégies de rénovation. Toutes ces actions doivent permettre de concevoir de véritables protocoles de la performance réelle des rénovations d’ici à juin 2021.

Une nouvelle aide de financement des travaux de rénovation énergétique

Parallèlement, un plan d’investissement de neuf milliards d’euros a été décidé. Il doit faciliter, d’une part, l’accès au logement des salariés et, d’autre part, les travaux d’amélioration de la performance énergétique. L’annonce avait été faite en janvier 2019 par Action logement et Julien Denormandie, ministre du Logement.

Neuf milliards d’euros vont donc être débloqués sur quatre ans, non seulement pour la construction, mais surtout pour la rénovation. Il faut dire que le secteur de la construction n’est pas au mieux avec une baisse du nombre de constructions de logements. Un milliard d’euros sera affecté à l’amélioration de la performance énergétique des logements. Les salariés propriétaires à revenus modestes bénéficieront ainsi d’aide pour des travaux de rénovation énergétique. Toutefois, les logements devront obligatoirement être situés dans les zones B2 et C dans les 222 villes moyennes retenues par le plan Action cœur de ville qui, lancé en 2018, vise à revitaliser les centres-villes. Ce plan a un double objectif : améliorer les conditions de vie des habitants des villes moyennes et renforcer leur rôle d’acteur dans le développement du territoire. D’autre part, c’est l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) qui détermine la catégorie « modeste » pour les salariés, soit un revenu annuel maximum de 24 918 euros en Île-de-France et 18 960 euros dans les autres régions.
Ce dispositif doit entrer en action dès septembre 2019. Il concernerait 50 000 ménages.

Les neuf projets du PROFEEL
SEREINE. Afin d’atteindre les objectifs relatifs aux performances énergétiques des rénovations, le projet SEREINE, ou Solution d’évaluation de la performance énergétique intrinsèque des bâtiments, doit développer des protocoles de mesures innovants des performances énergétiques du logement rénové.

Go-Rénove est un service web public d’aide à la décision de rénovation de logements. Il offre une expérience nouvelle de diagnostic avec un accès instantané à une analyse multicritère des performances, des opportunités et des risques liés à l’engagement des travaux. Cette innovation repose sur une technologie croisant big data et analyse experte des données disponibles.

Le projet Stratégies de rénovation accompagne les professionnels dans le choix de solutions de rénovation énergétique, adaptées à chaque bâtiment et à son contexte. Ce dernier s’intéresse prioritairement au parc existant des maisons individuelles, des petites copropriétés et des petits commerces.

Le projet Réno-standard vise à développer, concevoir et engager le déploiement – pour quelques gammes de maisons standardisées – de solutions types de rénovation optimisées et industrialisées, en exploitant notamment les DOE (dossier d’ouvrage exécuté). Il vise ainsi à développer une approche transversale/multicritère du diagnostic et de la définition de solutions de réhabilitation énergétique et à lancer le déploiement territorial de cette offre.

Le projet REX Rénovation vise à renforcer les compétences des professionnels par le partage large des enseignements (bonnes pratiques et risques de non-qualité) issus des retours d’expériences capitalisés dans des opérations de rénovations performantes. Ce projet s’appuie sur la méthode d’enquête du dispositif REX Bâtiments performants de l’AQC et une mobilisation forte des centres de ressources du Réseau bâtiment durable.

Le projet Procédures internes vise à accompagner les entreprises, les artisans et la maîtrise d’œuvre dans la mise en œuvre de procédures internes d’autocontrôle et de process de réception des travaux de rénovation énergétique. Des outils numériques opérationnels seront mis à la disposition des professionnels, ainsi que des guides méthodologiques pour les aider dans l’utilisation des technologies existantes les plus pertinentes.

Qualité sanitaire et énergétique des rénovations. L’atteinte des niveaux ambitieux de performance énergétique peut entrer en contradiction avec la qualité de l’environnement intérieur et altérer le confort et la santé des occupants. Le projet QSE (Qualité sanitaire et énergétique des rénovations) vise à proposer et à tester des méthodes simplifiées d’évaluation de la performance globale « Énergie – Santé – Confort » des bâtiments rénovés, logements, écoles et bureaux.

Le projet Connaissances et bonnes pratiques vise à donner les clefs de compréhension et de prévention des phénomènes générant des risques de non-qualité lors d’une opération de rénovation. Le projet va également s’attacher à la codification et à la diffusion des bonnes pratiques, reconnues par tous.

Le projet Numérisation de l’existant s’appuiera sur un hackathon pour développer une solution de numérisation de l’existant facile d’usage et économique pour les artisans et TPE du bâtiment. Outre la saisie numérique de l’existant, point de départ de toute opération de rénovation, cette solution facilitera l’accompagnement du client dans ses choix de travaux.

Source : PROFEEL

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