La France est le leader européen de la production de gaz renouvelable et bas-carbone. Ceux-ci représentent des solutions concrètes pour traiter les déchets et créer de la valeur tout en répondant à des enjeux énergétiques et environnementaux. Panorama de la filière dressé par Natran et GRDF à l’occasion des prochaines Assises nationales des déchets et de l’économie circulaire.
Dans un contexte de tensions géopolitiques durables, de volatilité des marchés de l’énergie et d’urgence climatique, la France cherche des solutions à la fois crédibles, rapidement mobilisables et ancrées dans les territoires.
Une voie, discrète mais stratégique, change déjà d’échelle : celle des gaz renouvelables et bas carbone ! Produits à partir de nos déchets et de ressources locales, ceux-ci permettent de se substituer aux importations d’énergie fossile, valorise les infrastructures existantes de nos collectivités (réseaux gaziers), et permet de maintenir voire de déployer une activité économique souveraine dans nos territoires.
À fin 2025, avec 15,6 TWh de capacités de biométhane installées, la France s’impose comme leader européen du secteur. Cette production, équivalente à celle de plusieurs réacteurs nucléaires, couvre 4 % de la consommation nationale de gaz. Surtout, elle démontre qu’il est possible de concilier déchets, énergie et souveraineté. Avec un objectif de 44 TWh de biométhane à l’horizon 2030, la dernière Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) rappelle clairement que le gaz renouvelable est un pilier de la décarbonation et du mix énergétique français.
Les Assises nationales des déchets et de l’économie circulaire, qui se tiendront à Nantes les 30 septembre et 1er octobre 2026 sous les hauts patronages du Président de la République française et du Parlement européen, seront l’occasion de mettre en visibilité et débattre de ces solutions aux frontières des déchets et de la production d’énergie.
La méthanisation, socle de la valorisation des déchets agricoles
Première brique de cette filière, la méthanisation n’est plus une technologie émergente mais une réalité bien présente, avec plus de 820 unités en fonctionnement. En valorisant des déchets organiques, elle produit du biométhane injectable dans les réseaux de gaz, du digestat utile à la fertilisation des sols, et du CO₂ biogénique, mobilisable pour décarboner l’industrie ou produire des carburants de synthèse.
Au-delà des effluents agricoles, la méthanisation intègre également les biodéchets des ménages et des entreprises, ainsi que les boues de stations d’épuration (STEP). Ces gisements, disponibles partout sur le territoire et produits en continu, constituent une ressource énergétique locale, non délocalisable et faiblement carbonée.
Valoriser les boues de STEP par méthanisation, c’est à la fois sécuriser la gestion d’un déchet sensible, réduire les émissions liées à son traitement et produire une énergie renouvelable immédiatement utilisable, sans changer les équipements des consommateurs. Dans un contexte budgétaire contraint pour les collectivités, ces projets apportent des réponses concrètes, environnementales et économiques.

Pyrogazéification et gazéification hydrothermale : deux technologies pour compléter le panel de solutions de traitements de déchets
La pyrogazéification est une technologie permettant de convertir des déchets solides complexes non méthanisables, tels que les déchets bois, les refus de tri et les combustibles solides de récupération, en gaz de synthèse, puis en biométhane ou gaz bas-carbone. Cette méthode offre une valorisation énergétique de ressources actuellement sous-exploitées, souvent destinées à l’enfouissement ou à l’exportation.

La gazéification hydrothermale complète les possibilités en traitant efficacement les déchets très humides, notamment certaines boues ou effluents industriels pollués.

Au-delà de produire du gaz renouvelable et bas-carbone tout en offrant aux territoires des solutions concrètes de traitement des déchets, ces technologies sont des solutions innovantes aux enjeux environnementaux tels que la qualité de l’air (pas d’émission de particules, de rejets à l’atmosphère), de l’eau (gestion des PFAS) et des sols (engrais, biochar).
Les progrès sont concrets et ne relèvent plus de la recherche, ils sont en phase de démonstration avancée ou de préindustrialisation. Il faut les accompagner dès maintenant car ils ont un sens pour nos territoires, alliant des bénéfices pour le traitement des déchets, l’environnement, la santé et la souveraineté énergétique.
Un avantage clé, des infrastructures existantes : 240 000 km de réseaux gaziers
Les gaz renouvelables disposent d’un atout décisif, ils s’appuient sur des infrastructures existantes. Les opérateurs de réseaux gaz sont prêts à déployer les adaptations nécessaires pour une décarbonation rapide, à coût maîtrisé. Chaque mégawattheure injecté réduit immédiatement les émissions, sans transformation des installations chez l’usager final.
Le pragmatisme énergétique comme boussole
Méthanisation des biodéchets et des boues de STEP, pyrogazéification, gazéification hydrothermale : ces solutions vont de pair avec la sobriété et l’efficacité énergétique, pour renforcer la flexibilité et la résilience du système énergétique français, dans une logique circulaire où les déchets sont valorisés localement et fournissent une énergie renouvelable véhiculée par les réseaux.
La souveraineté énergétique se construit via des solutions complémentaires, autour d’un mix énergétique équilibré. Aujourd’hui, elle passe par nos déchets à condition de leur donner une véritable valeur et d’offrir à la filière des gaz renouvelables une trajectoire claire, lisible et durable.
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NaTran et GRDF, piliers de la filière des gaz renouvelables et bas-carbone Acteurs majeurs de la transition énergétique, NaTran et GRDF contribuent activement au développement et à la structuration de la filière des gaz renouvelables et bas-carbone en France : NaTran, par son engagement dans des solutions innovantes de valorisation énergétique et d’intégration des gaz renouvelables, et GRDF, en tant que gestionnaire du principal réseau de distribution de gaz, en accompagnant les territoires et les porteurs de projets dans le déploiement à grande échelle. À ce titre, les deux entités participeront aux Assises nationales des déchets et de l’économie circulaire (30 septembre et 1er octobre 2026), où elles partageront leur expertise et leur vision des enjeux et perspectives de la filière. |
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En savoir plus : natrangroupe.com — grdf.fr — assises-dechets.org


























