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RSE : évolution des mentalités et projet de société

Pour beau­coup d’entreprises, la respon­s­abil­ité socié­tale des entre­pris­es (RSE) reste encore un con­cept aux con­tours flous, voire qui manque de sérieux. Mais les choses sont en train de chang­er. Avec les grands enjeux de notre temps, dans nos sociétés occi­den­tales (écolo­gie, bien-être, san­té, etc.), les men­tal­ités évolu­ent. En out­re, la RSE est créa­trice d’opportunités. Avoir un impact posi­tif sur la société génère de la richesse.

C ’est un signe qui ne trompe pas. Les for­ma­tions à la RSE se mul­ti­plient. Cela traduit dans le monde de l’entreprise une évo­lu­tion forte rel­a­tive à ce con­cept qui reste encore assez obscur pour beau­coup. Si ces for­ma­tions sont en crois­sance, cela reflète aus­si une évo­lu­tion des men­tal­ités dans l’ensemble de la société. La tran­si­tion écologique et énergé­tique, les éner­gies renou­ve­lables, la mobil­ité durable dans toutes ses com­posantes (élec­trique, hydrogène, partagée, douce, etc.), le bien-être au tra­vail comme chez soi, la san­té, sont autant d’enjeux dont se sont emparés les indi­vidus. Notre société se trans­forme, pour le mieux, et ce mou­ve­ment est égale­ment per­cep­ti­ble dans les entreprises.

Un con­cept mieux accepté

Le récent dossier du Point en témoigne. Le jour­nal explique : « Aujourd’hui, peu pren­nent encore la peine de dévelop­per cet acronyme, tant la respon­s­abil­ité sociale des entre­pris­es est aujourd’hui en plein essor. Le temps du green­wash­ing sem­ble appartenir au passé. Fini, les mesurettes cos­mé­tiques des­tinées à don­ner l’illusion qu’on s’intéresse aux enjeux envi­ron­nemen­taux ou socié­taux. Et la plu­part des organ­i­sa­tions s’attellent à ce chantier d’envergure, en passe de devenir l’un des défis majeurs du monde des affaires. »

Certes. Mal­gré tout, un cer­tain nom­bre de respon­s­ables RSE soulig­nent que, s’ils dis­posent bien d’un bureau affec­té à la RSE au sein de leur entre­prise, ils ont du mal à avoir de l’influence sur celle-ci, sur ses activ­ités et sur ses salariés. Ils sont par­fois pris pour des gens bizarres, voire un peu illu­minés. Le mou­ve­ment pour­rait alors venir de l’ensemble de la société, de l’opinion publique et notam­ment des jeunes généra­tions, qui s’intéressent de près aux ques­tions de respon­s­abil­ité, que ce soit dans la vie privée ou dans les entre­pris­es. « De hauts cadres de 50 ans se pressent dans des salles combles pour enten­dre de jeunes étu­di­ants leur faire la leçon sur les échéances cli­ma­tiques à venir », explique Gabriel Malek, con­sul­tant RSE, cité dans Les Échos. La lég­is­la­tion égale­ment par­donne moins aux entre­pris­es qui ont des impacts négat­ifs sur l’ensemble de la société. Finale­ment, cette ques­tion de la respon­s­abil­ité est partout et con­cerne tout le monde.

Au sein de l’entreprise, l’objectif est de par­venir à un équili­bre garan­tis­sant la créa­tion de valeur, donc de richesse. Il ne s’agit plus d’avoir un bureau RSE pour se con­former à la loi, mais bien d’embrasser les défis socié­taux et d’en tir­er des béné­fices. « Les entre­pris­es ont donc dû s’adapter à ce nou­v­el envi­ron­nement. Tout cela n’est pos­si­ble qu’à con­di­tion d’avoir une équipe dédiée, capa­ble d’interagir avec l’ensemble des métiers de l’entreprise, et qual­i­fiée. De promet­teur à por­teur, le secteur de la RSE est ain­si devenu incon­tourn­able », indique Le Point.

Pour une inté­gra­tion totale des grands défis au sein de l’entreprise

Incon­tourn­able, mais dif­fi­cile à met­tre en œuvre par les acteurs économiques. Même si elles sont bien con­scientes des enjeux de développe­ment durable et de RSE, les entre­pris­es peinent à lancer de grands pro­jets dans ce secteur. Pourquoi ? Cela reste dif­fi­cile à dire. Pour cer­taines, avoir un bureau RSE n’est qu’une vit­rine sans objet, une coquille vide ; pour d’autres en revanche, il s’agit de dévelop­per de véri­ta­bles straté­gies RSE qui seront autant d’opportunités pour l’entreprise et ses salariés.

En somme, un bureau RSE ne doit pas être une men­tion sur la carte pro­fes­sion­nelle, mais devenir une ten­dance plus franche, bien instal­lée dans l’esprit des dirigeants, quelle que soit la taille de l’entreprise.
Les entre­pris­es ont-elles vrai­ment le choix ? Si l’on regarde l’évolution des men­tal­ités dans la société et le dur­cisse­ment de la lég­is­la­tion, la réponse est non. Elles doivent chang­er leurs struc­tures dans le sil­lage de la loi PACTE (plan d’action pour la crois­sance et la trans­for­ma­tion des entre­pris­es) sous peine de déclin­er. Le plan stratégique RSE doit per­me­t­tre d’intégrer totale­ment les grands défis socié­taux et envi­ron­nemen­taux au sein des entreprises.

Pro­jet de société

Beau­coup d’entreprises l’ont com­pris. Quels que soient les secteurs (e‑commerce, ali­men­taire ou trans­ports), beau­coup d’acteurs économiques ont inté­gré les grands défis envi­ron­nemen­taux pour une économie respon­s­able et durable.

À Lyon, La Ruche, nou­veau siège de la société Bjorg Bon­neterre et Com­pag­nie, se fond dans la nature envi­ron­nante. Con­nec­tée avec la nature, l’entreprise a fait installer un potager bio, un verg­er, de la végé­ta­tion comestible, un jardin méditer­ranéen, une prairie et des ruch­es. Le bâti­ment est con­fort­able pour les employés et économe en énergie.

La société pro­pose de nou­velles façons de tra­vailler avec la mul­ti­plic­ité des lieux de tra­vail afin de favoris­er l’échange, de flu­id­i­fi­er l’information et de dévelop­per l’autonomie. Le nou­veau siège a été conçu en lien avec la stratégie RSE de l’entreprise qui a reçu la cer­ti­fi­ca­tion Well qui éval­ue le bien-être des salariés selon plusieurs critères (qual­ité de l’air, accès à la lumière naturelle, etc.). L’entreprise avait déjà obtenu les cer­ti­fi­ca­tions Bio entre­prise durable et B‑Corp. Émi­lie Lowen­bach, respon­s­able RSE, explique : « Grâce à B‑Corp, nous avons mis en place un “bonus pour tous” qui garan­tit à 100 % de nos col­lab­o­ra­teurs une prime s’ils atteignent les objec­tifs. » Le but est aus­si de faire en sorte que les salariés gar­dent ou retrou­vent le goût du tra­vail afin de stim­uler les per­for­mances et génér­er des richess­es tout en trans­for­mant le pro­jet d’affaires en véri­ta­ble pro­jet de société.

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