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Éco-délégués et collèges bio : l’école montre l’exemple

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, vient de demander la généralisation des éco-délégués dans toutes les classes des collèges et des lycées. Leur mission : promouvoir les comportements respectueux pour l’environnement auprès des élèves.

« En cette rentrée, nous proposons aux élèves d’être des acteurs à part entière pour faire des 60 000 implantations scolaires de notre pays des espaces de biodiversité, à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique. […]. Ici, ce sera un potager, des plantations d’arbres, là le tri des déchets, partout une réflexion sur la consommation d’énergie. À la fin du mois de septembre, toutes les classes de collège et de lycée éliront un éco-délégué pour œuvrer concrètement à cette transformation. » L’objectif du ministère est de faire commencer très tôt la sensibilisation à la protection de l’environnement et à la lutte contre le réchauffement climatique. En tout, 250 000 classes sont concernées par ce dispositif.

Éco-délégués

Les éco-délégués devront rappeler les règles simples, mais importantes, qui permettront à tous les élèves d’adopter des gestes responsables : éteindre les lumières pendant les pauses, mettre le chauffage de manière raisonnée, veiller à mieux gérer les déchets et le recyclage. La gestion de l’énergie passe aussi par la lutte contre le gaspillage. Ces gestes et ces attitudes seront renforcés par les éco-délégués auprès des élèves.

Si les éco-délégués existaient déjà dans certaines classes, ils sont généralisés dès cette année scolaire 2019-2020. Ils sont élus au même moment que les délégués de classe et selon les mêmes procédés.

Le ministère explique qu’il y aura au moins deux délégués par niveau, mais qu’il peut aussi y en avoir plus, par exemple un par classe, pour les écoles et établissements qui le souhaitent.

La France n’est pas le seul pays à sensibiliser les élèves à l’environnement. En août, l’administration publique régionale Bruxelles Environnement a annoncé que 20 écoles bruxelloises allaient lancer un projet zéro déchet dès la rentrée scolaire. Cela se traduit par des achats de seconde main, des réparations et des réutilisations. L’objectif est aussi d’éviter les emballages et le gaspillage alimentaire à l’école, mais aussi au sein des familles. Ce projet entre dans le cadre de la Semaine européenne de la réduction des déchets (SERD) qui sera organisée du 16 au 24 novembre 2019.

Bruxelles Environnement a publié deux documents pour aider les familles et les écoles à mener ce projet à bien. L’un concerne les fournitures scolaires et invite les parents à éviter les emballages superflus et les objets jetables. Le deuxième document, intitulé « Le pense-pas-bête du zéro déchet », explique aux parents comment accompagner leurs enfants dans cette démarche. Sont ainsi expliqués les petits gestes quotidiens comme placer ses lunchs et collations dans des contenants réutilisables.

Au Canada, à Montréal, les écoles lancent, chaque rentrée, la journée de la mobilité durable : vélo, trottinette, skateboard, patins ou à pied, tous les moyens sont bons pour éviter la voiture. Cette opération connaît un immense succès.

Collèges bio : être plus responsables et mieux manger

D’une manière générale, nous assistons à une véritable « offensive verte » dans les établissements scolaires français. Le bio par exemple, effectue une percée remarquable. Le collège Pierre-Fanlac de Belvès, en Dordogne, est le premier collège bio de France grâce à une alimentation 100 % biologique.

Dans les cuisines, le personnel parle d’une véritable révolution dans le travail et la façon de penser. Le collège a reçu le label « Ecocert en cuisine » avec le niveau « excellence » qui garantit un approvisionnement local 100 % bio. Aurélie Chauchard, de la société Ecocert, indique que le label garantit également une alimentation durable et saine. Il comporte de trois niveaux de labellisation en fonction de la part de produits bio et locaux utilisés, de l’équilibre nutritionnel des repas servis et de la démarche environnementale, c’est-à-dire la lutte contre le gaspillage, le plastique, les produits d’entretien, etc.

Pour les cuisiniers, c’est aussi la révolution dans l’approvisionnement des produits. Les gros fournisseurs ont cédé la place aux producteurs et éleveurs locaux, avec un circuit court qui permet aux cuisiniers d’être en contact direct avec les agriculteurs et les éleveurs du secteur. Enfin, ce passage au 100 % biologique s’est fait à moindre coût, ce qui n’est pas négligeable pour certaines familles.

Le label est le résultat d’un énorme travail du département pour expérimenter ce procédé et aussi former le personnel. L’établissement scolaire a ainsi reçu une subvention de 10 000 euros. Les services d’un formateur ont également été pris en charge.

Les producteurs, de leur côté, ne cachent pas leur joie de faire découvrir les produits du terroir aux enfants. Travailler avec des écoles leur permet en outre de trouver de nouveaux débouchés.

Enfin, les élèves sont conquis par cette cuisine biologique, ces nouveaux goûts et ces saveurs. C’est également une belle occasion de les sensibiliser à l’alimentation saine, à la grande richesse des terroirs et de leur montrer l’exemple en matière de protection de l’environnement et de lutte contre le gaspillage.

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