À l’occasion d’une nouvelle édition d’EnerJ-meeting, rendez-vous incontournable des acteurs du bâtiment durable, nous avons interrogé l’organisateur de l’événement sur l’évolution des attentes de la filière, la place grandissante de l’intelligence artificielle et le retour en force des approches low-tech.
Innovation24.news : EnerJ-meeting fête désormais plusieurs éditions en région. Comment l’événement a‑t-il évolué depuis ses débuts et quels changements majeurs observez-vous dans les attentes des professionnels ?
EnerJ-meeting : Depuis sa création, EnerJ-meeting accompagne les grandes transformations du secteur du bâtiment. À ses débuts, les échanges étaient principalement centrés sur la réglementation thermique, la performance énergétique et les solutions permettant d’anticiper les évolutions normatives. Aujourd’hui, les enjeux sont beaucoup plus larges et systémiques.
Le développement de l’événement en région répond à une volonté d’être au plus près des acteurs locaux, des spécificités territoriales et des projets qui façonnent la ville durable. Cette proximité répond à une attente forte des professionnels, qui souhaitent disposer d’un lieu d’échanges à la fois technique, concret et directement ancré dans leur réalité opérationnelle.
Nous constatons également une évolution des attentes. Les visiteurs recherchent désormais des retours d’expérience, des solutions immédiatement applicables et une vision globale intégrant la performance énergétique, la décarbonation, la résilience climatique, la sobriété des ressources et la qualité d’usage. Ils veulent comprendre comment transformer leurs projets dès aujourd’hui, avec des réponses pragmatiques et des partenaires capables de les accompagner dans la durée.
L’intelligence artificielle s’impose désormais dans tous les débats. Quel rôle peut-elle jouer dans la conception, la construction ou l’exploitation des bâtiments ?
L’intelligence artificielle constitue un formidable levier d’optimisation à toutes les étapes du cycle de vie d’un bâtiment. Dès la phase de conception, elle permet de simuler différents scénarios, d’optimiser les performances énergétiques ou encore d’accélérer certaines analyses. Pendant la construction, elle améliore la planification, la gestion des ressources et le suivi des chantiers. En phase d’exploitation, elle contribue à affiner le pilotage énergétique, à anticiper les opérations de maintenance et à améliorer le confort des occupants.
Pour autant, l’IA ne constitue pas une finalité en soi. Son véritable intérêt réside dans sa capacité à aider les professionnels à prendre de meilleures décisions et à gagner en efficacité. Dans un contexte où les objectifs de décarbonation et de sobriété sont particulièrement ambitieux, elle doit être considérée comme un outil au service de la performance globale des bâtiments.
Les solutions low-tech reviennent également sur le devant de la scène. Assiste-t-on à un rééquilibrage entre haute technologie et simplicité constructive ?
Absolument. Nous observons aujourd’hui une approche beaucoup plus mature. Pendant plusieurs années, l’innovation a souvent été associée à une sophistication croissante des équipements et des systèmes. Désormais, les professionnels privilégient avant tout des solutions efficaces, robustes et pertinentes.
Les approches low-tech répondent pleinement à cette logique lorsqu’elles permettent de réduire les consommations énergétiques, les coûts d’exploitation ou les besoins de maintenance, tout en renforçant la résilience des bâtiments. Il ne s’agit toutefois pas d’opposer low-tech et high-tech. Les projets les plus performants sont généralement ceux qui associent intelligemment une conception bioclimatique, une sobriété constructive, des matériaux adaptés et des outils numériques avancés lorsqu’ils apportent une réelle valeur ajoutée.
L’enjeu est donc de trouver le juste équilibre entre simplicité, efficacité et innovation.
Avez-vous des exemples de projets, de collaborations ou d’innovations qui sont nés directement grâce aux rencontres réalisées lors d’EnerJ-meeting ?
L’une des grandes forces d’EnerJ-meeting est de créer les conditions propices aux échanges entre l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur du bâtiment : maîtres d’ouvrage, architectes, bureaux d’études, entreprises, industriels, exploitants et collectivités.
Si nous n’avons pas vocation à suivre individuellement les projets qui émergent après chaque édition, nous savons que ces moments de rencontre sont essentiels pour faire naître de nouvelles idées, identifier des partenaires, découvrir des solutions innovantes et nourrir les réflexions stratégiques des professionnels.
Plus largement, EnerJ-meeting joue un véritable rôle de catalyseur. Les conférences apportent une vision prospective et des retours d’expérience, tandis que les échanges entre participants favorisent le partage de bonnes pratiques et l’émergence de nouvelles collaborations. Dans un secteur en pleine transformation, cette mise en relation des expertises et des savoir-faire constitue une réelle valeur ajoutée.


























